La couleur du pelage du Yorkshire Terrier adulte associe deux teintes : un bleu acier foncé de l'occiput à la naissance de la queue, et un fauve intense et brillant porté par la tête, le poitrail et les membres. Le chiot naît noir et feu : le noir s'éclaircit entre 6 mois et 2 ans, et aucune autre couleur n'est admise.
Deux couleurs seulement : bleu acier et fauve doré
- Deux couleurs et deux seulement : bleu acier foncé sur le corps, fauve doré sur la tête et les membres. Le bleu argenté, le noir persistant et le mélange de poils fauves dans le bleu sont des défauts.
- Tout chiot naît noir et feu. La couleur bleue apparaît par vagues, souvent d'abord sur la ligne du dos, et la robe définitive se juge rarement avant deux ans.
- Chaque poil fauve est plus foncé à la racine qu'au milieu, et plus clair encore à la pointe : cette dégradation en trois tons fait partie du standard.
- Chocolat, doré, gris uni, tricolore : ces robes existent, elles se vendent souvent plus cher, et aucune n'ouvre les portes d'un ring officiel.
Les deux couleurs du pelage du Yorkshire Terrier
Le Yorkshire Terrier est un chien de petite taille à robe bicolore, et la répartition des deux teintes compte autant que les teintes elles-mêmes. Sur le corps, la couleur du poil est un bleu acier foncé, une nuance ardoise sombre que l'on distingue mal du noir sous un éclairage faible et qui se révèle en pleine lumière. Ce manteau bleu part de l'occiput, à l'arrière du crâne, et descend jusqu'à la naissance de la queue en couvrant toute la ligne du dos et les flancs. Sur la tête, le poitrail, le bas des pattes et la face interne des membres, le poil prend au contraire une couleur fauve, décrite comme un fauve intense et brillant.
La frontière entre les deux zones doit être nette. Un poil fauve isolé dans la zone bleue, ou une mèche grise qui remonte sur le cou depuis le corps, sont considérés comme des défauts de robe. Le fauve de la tête est en général plus soutenu sur les côtés de la tête, à la base des oreilles et sur le museau, où le poil pousse le plus long.
La dégradation en trois tons de chaque poil
Un détail passe inaperçu tant qu'on n'a pas regardé un poil isolé : chez ce petit chien, le fauve n'est pas uniforme sur toute la longueur. Chaque poil fauve est plus foncé à la racine qu'au milieu, et il s'éclaircit encore vers la pointe. C'est ce dégradé qui donne au pelage long cette impression de profondeur et de brillance quand le chien bouge. Un fauve plat, identique de la racine à la pointe, est moins recherché, tout comme un fauve trop rouge ou terne.
Ce que dit le standard de la race
Le standard du Yorkshire Terrier est le numéro 86 de la Fédération cynologique internationale, qui classe la race dans le groupe 3 des terriers, section des terriers d'agrément. Il fixe un poids maximal de 3,2 kilogrammes et décrit la robe avec une précision inhabituelle, signe que la couleur est ici un caractère de race et pas un simple détail esthétique. Le texte intégral est consultable sur le site de la Fédération cynologique internationale.
| Zone du corps | Couleur attendue | Défaut fréquent |
|---|---|---|
| Corps, de l'occiput à la naissance de la queue | Bleu acier foncé | Bleu argenté, noir qui persiste, poils fauves mêlés |
| Tête et oreilles | Fauve doré intense, plus soutenu sur les côtés | Fauve qui déborde sur le cou, poils gris ou noirs mêlés |
| Poitrail | Fauve intense et brillant | Fauve pâle ou délavé |
| Membres | Fauve jusqu'au coude et au grasset | Fauve qui remonte trop haut sur l'épaule |
Le vocabulaire des éleveurs
Quelques mots reviennent dans les annonces et les jugements, et ils désignent des réalités précises. La selle, ou le manteau, est la zone bleue du corps, ainsi nommée parce qu'elle épouse la forme du dos comme une pièce de tissu posée dessus ; on parle d'une selle bien découpée quand sa limite avec le fauve est franche. Un chien charbonné porte encore des poils sombres dans une zone censée être fauve, le plus souvent sur le museau, autour des yeux ou sur la culotte. Le bronze désigne à l'inverse des poils cuivrés mêlés au manteau. Enfin le mot yorkie, employé partout dans les annonces, n'est qu'un diminutif affectueux et ne recouvre aucune variété particulière, pas plus que l'appellation yorkshire toy, qui renvoie à la petite taille et non à une couleur.
Le standard décrit aussi la texture : un poil long, parfaitement lisse, sans ondulation, d'aspect soyeux, tombant de part et d'autre du corps en une raie qui suit le dos droit du chien. C'est cette combinaison de longueur et de brillance qui a fait la réputation des yorkshire terriers dans les expositions. Les critères de jugement sont détaillés dans notre page consacrée aux concours et aux titres de la race, et la robe y pèse lourd dans la notation.
Comment la couleur évolue de la naissance à l'âge adulte
Aucun chiot ne naît bleu. Le Yorkshire naît noir et feu, avec un dos entièrement noir et des marques fauves sur les sourcils, le museau, le poitrail et les extrémités. Ce contraste très net ressemble à celui d'un Manchester Terrier miniature ou d'un Rottweiler en réduction, et il ne dit presque rien de la robe adulte.
L'éclaircissement commence en général vers 6 mois et se poursuit jusqu'à 18 mois, parfois 2 ans, plus rarement au-delà. Il ne se fait pas d'un bloc : les poils noirs sont remplacés par des poils bleus au fil de la pousse, si bien que le chien traverse une phase où les deux teintes cohabitent. La zone qui vire en premier est souvent la ligne du dos, entre les épaules et les reins ; les extrémités du corps, la culotte et la base de la queue s'éclaircissent en dernier. Un jeune chien de un an dont le dos est encore charbonné n'a rien d'anormal.
Peut-on prévoir la couleur adulte d'un chiot
Pas de manière fiable, et il faut se méfier des promesses en la matière. Deux indices sont utilisés par les éleveurs : la couleur de la peau visible sur le ventre du nouveau-né, et surtout la teinte du poil à la racine quand on écarte la robe sur le dos vers 8 à 12 semaines. Un liseré déjà grisé à la base annonce un éclaircissement en cours. Ce sont des présomptions, pas des certitudes, et elles ne remplacent pas l'examen de la robe des parents et des grands-parents.
D'où vient cet éclaircissement
Deux pigments seulement composent la robe de tous les chiens : un pigment sombre, responsable du noir et du marron, et un pigment clair, qui va du crème au rouge et donne ici le fauve. Le Yorkshire est fixé sur le patron dit noir et feu, où le pigment sombre occupe le manteau et le pigment clair les extrémités. À ce patron s'ajoute un gène d'éclaircissement progressif, souvent appelé grisonnement, dont l'effet est dominant : un seul parent porteur suffit à le transmettre, et c'est lui qui fait passer le manteau du noir au bleu.
Ce n'est pas une dilution comme celle qui produit les robes bleues d'autres races : la pigmentation de la truffe, des paupières et des coussinets reste noire, seul le poil du corps change de teinte au fil des renouvellements. Une mutation différente, sur un autre gène, remplace ce pigment sombre par du brun et donne les sujets marron, reconnaissables à leur truffe et à leurs yeux plus clairs. Le blanc du biewer, lui, vient d'une troisième mutation, apparue en Allemagne et absente des lignées de Yorkshire conformes au standard.
Les couleurs hors standard, du biewer au chocolat
Toutes les robes que l'on croise ne sont pas conformes. Certaines relèvent d'une autre race, d'autres d'un accident génétique, d'autres encore d'un simple argument de vente.
- La couleur tricolore : noir, blanc et fauve. Elle est à l'origine du biewer yorkshire, né en 1984 dans un élevage allemand tenu par Werner et Gertrud Biewer, à partir d'une portée de Yorkshire Terrier. Le biewer terrier est aujourd'hui une race à part, reconnue par l'American Kennel Club en 2021, et non une variante de couleur du Yorkshire.
- Le chocolat, parfois appelé foie : le noir puis le bleu sont remplacés par un brun, et la truffe est brune au lieu d'être noire. C'est ce nez brun qui trahit la robe, quel que soit l'âge du chien.
- Le doré ou blond : le chien conserve une robe fauve uniforme, sans zone bleue. Elle est parfois vendue sous l'appellation golden.
- La couleur grise uniforme, ou le noir qui ne s'éclaircit jamais : deux extrêmes du même mécanisme, l'éclaircissement trop complet ou trop faible.
Ces robes ne sont ni des maladies ni des tares, et un chien de compagnie hors standard vit exactement aussi bien qu'un autre. Deux réserves méritent pourtant d'être posées. La première tient au prix : une couleur présentée comme rare justifie souvent une majoration de plusieurs centaines d'euros, alors qu'elle exclut le chien des rings et de la reproduction officielle. La seconde tient à la sélection : chercher une teinte inhabituelle conduit parfois à resserrer les lignées au détriment de la santé. Le sujet est développé dans notre guide sur le choix d'un chiot et les documents à exiger.
Un poil qui pousse en continu, sans sous-poil ni mue
La couleur ne s'explique bien que si l'on comprend la fibre qui la porte. Le Yorkshire Terrier est un chien dont la robe ne comporte qu'une seule couche : pas de bourre isolante sous les poils de couverture, donc pas de mue saisonnière. Le poil pousse constamment, de l'ordre de un à deux centimètres par mois, et ne tombe qu'au coup par coup, comme un cheveu. Sur un sujet d'exposition dont le pelage n'est jamais coupé, la robe finit par balayer le sol.
Cette structure a deux conséquences directes sur la couleur perçue. D'abord, un poil abondant et long donne à voir toute la dégradation dont il a été question plus haut, alors qu'une coupe courte, dite en chiot, laisse surtout apparaître la base des poils : le chien paraît alors plus sombre et son fauve plus soutenu. Ensuite, un poil sale, sec ou cassé renvoie moins la lumière, et le bleu acier vire au gris terne sans que la pigmentation ait changé.
C'est aussi cette absence de mue qui vaut au Yorkshire sa réputation auprès des personnes sensibles aux animaux de compagnie. La réserve vaut pour toutes les races dites hypoallergéniques : les réactions sont déclenchées par des protéines présentes dans la salive et dans les squames de peau, jamais par le poil lui-même, et aucun chien de petite taille n'est totalement neutre de ce point de vue.
Entretenir la couleur : brossage, bain et lumière
L'entretien ne modifie pas la génétique, mais il décide de ce que l'on voit. Un pelage bien tenu paraît nettement plus bleu et plus doré qu'une robe négligée, et cela se joue sur quelques gestes.
Le passage quotidien du peigne reste le premier d'entre eux : il redresse la fibre, qui renvoie alors la lumière sur toute sa longueur, alors qu'un poil couché ou feutré absorbe la teinte au lieu de la refléter. Vient ensuite la fréquence des bains, qui conditionne l'éclat sans changer la pigmentation, puis le séchage, dont la température décide de la tenue lisse du manteau. Chacun de ces gestes a ses règles précises, et nous les avons rassemblées sur la page consacrée au brossage et au bain du Yorkshire plutôt que de les résumer ici.
Deux points concernent spécifiquement la couleur. Le fauve de la tête se tache facilement, surtout autour des yeux et de la bouche, et ces marques brunâtres s'installent d'autant plus vite que le poil est clair : un nettoyage quotidien au coton humide suffit à les contenir. Et l'exposition prolongée au soleil éclaircit le bleu acier, ce que les éleveurs savent bien avant une exposition. Un passage régulier en salon de toilettage, toutes les six à huit semaines, permet en outre de couper les pointes cassées qui donnent un aspect délavé.
Robe noire, poils fauves, tricolore : l'évolution de la couleur
À quel âge la couleur définitive est-elle fixée ?
Le plus souvent entre 18 mois et 2 ans. Certains sujets continuent de s'éclaircir légèrement jusqu'à 3 ans, et la robe peut encore pâlir chez le chien âgé, comme les cheveux blanchissent.
Mon Yorkshire est resté noir, est-ce grave ?
Non, ce n'est pas un problème de santé. Un noir qui persiste après 2 ans est un défaut au regard du standard de la race et ferme l'accès aux expositions, sans aucune conséquence sur la vie du chien.
Un Yorkshire tricolore est-il un vrai Yorkshire ?
Non au sens des registres officiels. La couleur tricolore correspond au biewer terrier, race distincte, et un chien tricolore ne peut pas être confirmé comme Yorkshire Terrier.
La couleur du poil influe-t-elle sur le caractère ?
Aucune donnée ne l'établit chez cette race. Le tempérament dépend de la lignée, de la socialisation et de l'éducation, pas de la teinte de la robe.
Pourquoi mon chien a-t-il des poils fauves dans le dos ?
C'est fréquent pendant la transition, entre 6 mois et 2 ans, et cela se résorbe le plus souvent. Si ces poils persistent chez l'adulte, il s'agit d'un défaut de robe, sans incidence sur sa santé.
Quand un changement de robe doit alerter
L'éclaircissement du jeune chien est normal ; une modification brutale chez l'adulte ne l'est pas. Trois signaux méritent un examen vétérinaire plutôt qu'un changement de shampoing.
Une perte de poil symétrique des deux côtés du corps, associée à une robe terne et à une prise de poids, oriente vers un trouble hormonal, l'hypothyroïdie étant la plus courante chez le chien adulte. Des zones dépilées localisées, avec rougeurs et démangeaisons, évoquent plutôt une allergie ou un parasite cutané. Enfin, un poil qui casse en masse et laisse apparaître la peau demande un avis, d'autant que la robe est un bon indicateur de l'état général : elle se dégrade souvent avant les autres signes. Ces situations sont replacées dans leur contexte sur notre page consacrée aux maladies fréquentes de la race.
Sur un chien sain en revanche, la couleur du pelage ne se corrige pas et ne se force pas. Elle s'installe au rythme de la pousse, et le seul levier dont dispose le propriétaire reste l'entretien du poil : un pelage propre, démêlé et coupé net rend au bleu acier et au fauve tout ce que la génétique leur a donné.
L'origine de la race explique sa robe
Le Yorkshire Terrier est un chien né dans le nord de l'Angleterre au milieu du XIXe siècle, dans les comtés du Yorkshire et du Lancashire, à l'époque des filatures et des mines. Il descend de petits terriers de travail employés à la chasse aux rats, croisés avec des chiens à poil long venus d'Écosse et de Grande-Bretagne, dont le Skye Terrier et le Paisley Terrier, et probablement avec du Maltais pour la finesse du poil.
Le patron noir et feu vient de ces terriers de travail ; la longueur et la texture soyeuses viennent des seconds. La race a été fixée autour d'un chien devenu célèbre, Huddersfield Ben, mort en 1871, considéré comme le père de la race moderne. Le nom de Yorkshire Terrier s'impose vers 1870, et le chien passe en une génération des ateliers ouvriers aux salons victoriens, où sa robe fait toute sa valeur.
La race est aujourd'hui inscrite au registre de la Fédération cynologique internationale, en France sous le contrôle de la Société centrale canine, et reste l'une des plus représentées du Royaume-Uni comme de l'Hexagone. C'est de cette histoire que vient le paradoxe du yorkie moderne : un compagnon miniature, doux avec son maître et fidèle jusqu'à l'excès, qui a gardé l'apparence soignée d'un chien de salon et le tempérament vif et intelligent d'un terrier de chasse. Sa robe n'y est pas étrangère : c'est elle qui a fait passer un ratier ouvrier au rang d'animal d'agrément, et son caractère est décrit en détail sur une page dédiée.
















