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Le yorkshire

Reproduction du Yorkshire Terrier : ce qu'il faut savoir avant la première saillie

Reproduction du Yorkshire Terrier : ce qu'il faut savoir avant la première saillie

La reproduction du Yorkshire Terrier va des chaleurs de la femelle à la mise bas, environ 63 jours après la saillie. Chez cette race de petite taille, la portée compte deux à quatre chiots de 70 à 130 grammes et la césarienne y est fréquente. Une saillie se prépare des mois à l'avance, tests de santé compris.

Jamais de saillie dès les premières chaleurs

  • On ne fait jamais saillir une femelle à ses premières chaleurs : la maturité physique arrive vers 18 à 24 mois, soit au deuxième ou troisième cycle.
  • La gestation dure 63 jours en moyenne, avec une échographie vers le 28e jour et une radiographie après le 50e pour compter les foetus.
  • Le choix des reproducteurs se fait sur la santé : rotule, shunt hépatique, trachée et yeux se dépistent avant la saillie, pas après.
  • Une portée coûte souvent plus cher qu'elle ne rapporte, et le cadre légal français encadre strictement la cession des chiots.

Le bon âge pour une première saillie

Les chaleurs de la femelle Yorkshire

La femelle Yorkshire Terrier connaît ses premières chaleurs entre 6 et 12 mois, parfois un peu plus tard chez les sujets les plus légers. Le cycle revient ensuite tous les six à huit mois et se déroule sur environ trois semaines : une phase de gonflement de la vulve avec pertes sanguines, puis une phase de réceptivité pendant laquelle la femelle accepte le mâle. Ces repères sont ceux de la race Yorkshire Terrier comme de la plupart des petites races, mais chaque chienne a son rythme propre et il faut une ou deux années d'observation pour le connaître.

Ces premières chaleurs ne servent pas à faire reproduire. Le corps n'a pas fini de se construire, le bassin n'a pas atteint sa taille définitive, et une gestation menée à cet âge se paie souvent par une mise bas difficile. Les éleveurs sérieux attendent le deuxième ou le troisième cycle, soit un âge compris entre 18 et 24 mois. À l'autre bout, une femelle qui approche de sept ou huit ans sans avoir jamais porté ne devrait plus être mise à la reproduction : le col se dilate moins bien et le risque de complication grimpe.

Repérer l'ovulation par la progestérone

Le comptage des jours ne suffit pas. L'ovulation se situe le plus souvent entre le neuvième et le quatorzième jour des chaleurs, mais l'écart entre deux femelles atteint facilement une semaine. La méthode fiable est le dosage sanguin de progestérone, répété tous les deux jours à partir du sixième ou septième jour : l'ovulation se produit lorsque le taux franchit un seuil que le vétérinaire interprète, et la saillie s'organise dans les deux jours qui suivent. Un frottis vaginal complète la lecture.

Sans ce suivi, une saillie tombe à côté de la fenêtre fertile et la femelle repart pour six à huit mois d'attente. Deux ou trois dosages coûtent le prix d'une consultation ordinaire, ce qui est peu au regard d'un cycle perdu.

Choisir les reproducteurs : la santé avant le pedigree

Les affections à dépister dans la race

Le choix des reproducteurs Yorkshire ne se joue pas sur la couleur du poil long ni sur le palmarès en exposition. Il se joue sur quatre maladies héréditaires que la race transmet plus que la moyenne, et sur des critères que le vétérinaire contrôle avant l'accouplement :

  • La luxation de la rotule, gradée de 1 à 4 par le vétérinaire. Un sujet atteint d'un grade 2 ou plus n'a rien à faire dans un programme d'élevage. Le sujet est détaillé sur notre page consacrée à la luxation de la rotule.
  • Le shunt porto-systémique, une malformation vasculaire du foie pour laquelle le Yorkshire est l'une des races les plus prédisposées. Un dosage des acides biliaires avant et après repas permet de l'écarter.
  • Le collapsus trachéal, qui explique aussi pourquoi le harnais remplace le collier chez ce chien. Une toux sèche évocatrice chez un reproducteur doit conduire à une radiographie.
  • Les affections oculaires, dont l'atrophie progressive de la rétine, accessible à un test génétique, et la dysplasie rétinienne.

À cette liste s'ajoute la vérification de l'état général : dentition, poids dans le standard, absence de souffle cardiaque, et caractère, qui se transmet autant que le reste. Aucune de ces maladies ne se voit à l'oeil nu sur un chien en pleine forme. Un bilan complet est la première dépense d'une portée, et la seule qu'il ne faut jamais économiser : un éleveur expérimenté le réclame d'ailleurs avant d'ouvrir son mâle à une femelle extérieure. Côté reproducteurs, l'article sur la santé du Yorkshire reprend ces affections en détail.

LOF, pedigree et fausses appellations

Un Yorkshire Terrier LOF est un chien inscrit au Livre des origines français, tenu par la Société centrale canine. L'inscription atteste la filiation, pas la qualité : un chien de pure race peut parfaitement porter une rotule fragile. Elle reste néanmoins la seule façon de vendre des chiots comme étant de race, et elle impose de passer par le circuit officiel, confirmation du reproducteur comprise.

Deux appellations circulent et méritent d'être remises à leur place. Le « yorkshire toy » n'existe dans aucun standard : c'est un argument commercial désignant un sujet particulièrement léger, souvent issu d'une sélection sur le poids qui fragilise l'animal. Le biewer terrier, lui, est bien une race à part entière, née d'une mutation de couleur au sein du Yorkshire et reconnue séparément : un biewer croisé avec un Yorkshire ne donne pas des chiots inscriptibles au titre de la seconde.

La saillie, étape par étape

La saillie chez le chien se déroule chez le propriétaire du mâle, sur un territoire que celui-ci connaît. On présente les deux animaux en laisse, on les laisse se renifler, puis on les libère dans un espace clos. L'accouplement se termine par une phase d'immobilisation, le nouage, qui dure de cinq à trente minutes : il ne faut surtout pas chercher à séparer les deux chiens, au risque de blesser l'un comme l'autre. Chez ces gabarits légers, la présence d'un adulte pendant toute la scène évite les mauvaises chutes.

Une deuxième saillie est généralement programmée 48 heures plus tard pour couvrir la fenêtre d'ovulation. Les frais de saillie se règlent au propriétaire du mâle et prennent souvent la forme d'un montant fixe ou de la valeur d'un chiot ; un contrat de saillie se signe avant l'accouplement : il fixe ce montant, le sort des chiots si la naissance est unique, et les conditions d'une saillie de rattrapage en cas d'échec.

Les 63 jours de gestation

Le calendrier du suivi

La durée de gestation est de 63 jours à compter de l'ovulation, avec une marge normale de 57 à 65 jours quand on compte à partir de la saillie. Le suivi tient en quelques rendez-vous :

  • Jour 25 à 30 : échographie de confirmation. Elle montre les vésicules et les battements cardiaques, et rassure sur la viabilité, mais elle compte mal les foetus.
  • Jour 45 : point de mi-parcours, ajustement de la ration, vermifugation selon le protocole du vétérinaire.
  • Jour 50 à 55 : radiographie. Les squelettes se sont ossifiés, on compte les crânes et on juge de leur taille par rapport au bassin de la mère. C'est cet examen qui annonce une césarienne programmée.
  • Jour 58 : préparation du nid et prise de température deux fois par jour.

Une portée d'un seul chiot n'est pas une bonne nouvelle chez une petite chienne : le foetus unique se développe davantage et passe mal. C'est l'un des cas où la radiographie change la conduite à tenir.

Nourrir la femelle gestante

Les besoins ne bougent presque pas pendant le premier mois. Ils augmentent ensuite d'environ un quart à partir de la cinquième semaine, puis de moitié en fin de gestation, et ils explosent pendant la lactation. On passe à une alimentation pour chiots, plus dense en énergie et en calcium, distribuée en trois ou quatre repas parce que l'utérus laisse peu de place à l'estomac. L'entretien du poil, lui, se limite au strict nécessaire : on raccourcit les poils du ventre pour dégager les mamelles, rien de plus. Pour ajuster ensuite la gamelle, le guide sur l'alimentation du Yorkshire détaille les rations de base.

Une supplémentation en calcium pendant la gestation est déconseillée sans avis vétérinaire : elle perturbe la régulation hormonale et favorise l'éclampsie après la naissance, une chute brutale du calcium sanguin qui touche surtout les petites races allaitantes et constitue une urgence absolue.

La mise bas d'une chienne de trois kilos

Les signes qui annoncent le travail

Le repère le plus fiable est la température rectale : elle chute d'environ un degré, sous 37 °C, dans les douze à vingt-quatre heures qui précèdent la mise bas. La femelle refuse alors son repas, s'agite, gratte sa caisse de mise bas et cherche l'isolement. Le nid se prépare une semaine à l'avance, dans une pièce calme, à l'écart du passage et des autres animaux de la maison.

Le travail comprend trois phases : la dilatation, qui peut durer de six à douze heures sans contraction visible, l'expulsion, puis la délivrance de chaque placenta. Entre deux chiots, un intervalle de quinze minutes à deux heures reste normal.

Quand appeler le vétérinaire

Ici, plus qu'ailleurs, la petite taille change tout. Le rapport entre la tête des chiots et le bassin de la mère est bien plus défavorable que chez un berger australien ou un golden retriever, et la dystocie, c'est-à-dire l'arrêt de la progression, est un problème classique dans la race. Le numéro d'urgence doit être affiché avant la date prévue, et une clinique de garde identifiée.

Il faut appeler sans attendre si les contractions durent plus de trente minutes sans expulsion, si plus de deux heures séparent deux chiots alors qu'il en reste, si des pertes vertes ou noires apparaissent avant la naissance du premier, ou si la femelle s'épuise et respire avec difficulté. La césarienne concerne une part importante des mises bas de la race, et une intervention décidée à temps sauve la portée entière.

Les trois premières semaines des chiots

Les nouveau-nés pèsent de 70 à 130 grammes. Ils naissent aveugles et sourds, ne régulent pas leur température et dépendent entièrement de leur mère pour uriner et déféquer. L'environnement du nid est maintenu autour de 30 °C la première semaine, puis la température est abaissée à mesure que les chiots se renforcent. Les soins quotidiens tiennent en peu de gestes : le nid propre, la mère bien nourrie, et chaque chiot pesé sur la même balance. Une prise de poids qui stagne pendant vingt-quatre heures justifie un appel immédiat.

L'hypoglycémie du chiot est le risque numéro un de cette période, et il persiste bien après le sevrage chez le jeune Yorkshire Terrier ; les gestes d'urgence figurent sur notre page dédiée à l'hypoglycémie du chiot. Le poil long ne s'installe que progressivement : un bébé Yorkshire naît presque noir et met deux à trois ans à prendre sa robe définitive. Les yeux s'ouvrent vers le dixième jour, l'audition suit une semaine plus tard, et la socialisation commence dès la troisième semaine : manipulation quotidienne, bruits de la maison, découverte progressive du chat et des autres habitants. C'est ce travail précoce, bien plus que la génétique, qui décide du comportement futur de l'animal.

Le sevrage s'étale de la quatrième à la septième semaine, et c'est là que se joue la différence entre un chiot robuste et un chiot fragile. La cession ne peut intervenir avant huit semaines révolues, et ce délai n'est pas une convenance d'éleveur : c'est une obligation légale, et la période qui va de la quatrième à la huitième semaine est celle où le chiot apprend les codes de son espèce.

Gestation, reproducteur, taille de portée : faire naître des Yorkshire

Comment se déroule la reproduction du Yorkshire Terrier ?

Elle suit quatre étapes : le repérage de l'ovulation par dosage de progestérone pendant les chaleurs, la saillie puis une seconde saillie 48 heures après, une gestation de 63 jours ponctuée d'une échographie et d'une radiographie, enfin la mise bas. Chaque étape se prépare avec le vétérinaire, et la dernière peut se terminer par une césarienne.

Quelle est la durée de gestation d'une femelle Yorkshire ?

Soixante-trois jours en moyenne à partir de l'ovulation, avec une marge normale de 57 à 65 jours quand on compte depuis la saillie. Une naissance avant 57 jours donne des chiots peu viables ; au-delà de 65 jours, une consultation s'impose sans attendre.

Comment choisir un bon reproducteur ?

Sur la santé d'abord : rotules examinées, acides biliaires dosés, trachée et yeux contrôlés, caractère équilibré. Le pedigree et le titre en exposition viennent après. Un mâle très demandé mais porteur d'une rotule instable diffusera le défaut dans toute sa descendance.

Combien de chiots dans une portée de Yorkshire ?

Deux à quatre le plus souvent, avec une moyenne proche de trois. Les portées d'un seul chiot ou de six existent, la première posant un vrai risque de mise bas difficile.

Quel est le prix d'un chiot Yorkshire Terrier ?

Le prix moyen d'un chiot inscrit au LOF se situe le plus souvent entre 800 et 1 500 euros selon l'élevage, la lignée et la région, davantage pour un sujet destiné à l'exposition. Les tarifs bien inférieurs, souvent hors LOF, doivent alerter : ils traduisent presque toujours des tests de santé qui n'ont pas été faits. Pour mettre ces tarifs en regard, l'article sur le coût d'un Yorkshire détaille le budget complet.

Ce que coûte réellement une portée

Faire naître des chiots n'est pas une opération rentable pour un particulier, et c'est une donnée qu'il vaut mieux regarder en face avant de commencer. Il faut compter l'achat des reproducteurs ou leur bilan médical complet, les dosages de progestérone, les frais de saillie, l'échographie et la radiographie, l'alimentation renforcée pendant quatre mois, l'identification obligatoire et le certificat vétérinaire de chaque chiot, la première vaccination, et la déclaration à la Société centrale canine.

Plane enfin sur ce budget le risque financier principal : une césarienne en urgence de nuit se chiffre à plusieurs centaines d'euros, parfois davantage selon la clinique. Une portée de deux chiots dont l'un ne survit pas laisse un budget en négatif quel que soit le nombre de chiots vendus ensuite, sans compter les nuits blanches et les six à huit semaines pendant lesquelles quelqu'un doit rester à la maison.

Déclarer une portée : le cadre légal en France

La cession d'un chien, même gratuite, est encadrée. Chaque chiot doit être identifié par puce électronique avant d'être cédé, et de toute façon avant l'âge de quatre mois. La cession s'accompagne d'un certificat vétérinaire, d'un document d'information sur les besoins de l'espèce, d'une attestation de cession, et depuis 2022 d'un certificat d'engagement et de connaissance signé par l'acquéreur, avec un délai de réflexion avant la remise de l'animal.

Toute personne qui cède des chiots doit en principe être immatriculée, avec une dérogation bien connue : la vente d'une seule portée par an de chiots inscrits au LOF n'oblige pas à créer une structure professionnelle, mais elle impose de déclarer la saillie puis la naissance auprès de la Société centrale canine, dans les délais qu'elle fixe. Les annonces doivent enfin porter le numéro d'identification de chaque animal et le numéro de portée. La loi évolue régulièrement sur ce terrain, et le conseil qui vaut ici est simple : la source à consulter reste le site officiel de la Société centrale canine.

Faut-il vraiment faire reproduire sa chienne ?

L'idée qu'une femelle doive « avoir une portée pour son équilibre » est une croyance sans fondement : aucune donnée vétérinaire ne l'étaye, et une gestation ne calme aucun trouble du comportement. À l'inverse, la stérilisation avant les premières chaleurs réduit fortement le risque de tumeur mammaire, première tumeur de la chienne. Les arguments médicaux et le bon âge sont réunis sur notre page consacrée à la stérilisation.

Faire reproduire son Yorkshire se justifie quand on veut faire progresser la race, qu'on a fait tester ses reproducteurs, qu'on sait où placer les chiots et qu'on accepte de perdre de l'argent. Dans les autres cas, beaucoup de chiens attendent en refuge ou en association, et adopter un adulte reste une réponse au moins aussi satisfaisante pour un maître qui cherche un second compagnon. L'espérance de vie de ce chien de compagnie atteint douze à seize ans, il s'accommode très bien de la vie en appartement, et il n'a besoin d'aucune naissance pour justifier sa présence.

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