Contenu principal
Le yorkshire

Le Yorkshire Terrier convient-il aux personnes allergiques ?

Le Yorkshire Terrier convient-il aux personnes allergiques ?

Le Yorkshire hypoallergénique est une idée répandue : ce terrier au pelage fin perd très peu de poils, mais aucune race de chien n'est exempte d'allergènes. Les protéines qui déclenchent l'allergie viennent de la salive et de la peau, pas du poil. Un Yorkshire Terrier peut donc convenir à une personne allergique, à condition de tester le contact avant l'adoption.

Salive, squames, urine : les allergènes d'un chien

  • Son pelage long, sans sous-poil, pousse en continu : la mue est discrète, les poils restent sur le chien.
  • Les allergènes du chien (Can f 1 à Can f 8) se trouvent dans la salive, les squames et l'urine, quelle que soit la race.
  • Les mesures faites dans les maisons n'ont trouvé aucune baisse d'allergènes avec les races dites hypoallergéniques.
  • La réaction varie d'une personne à l'autre et d'un chien à l'autre : un essai prolongé vaut mieux qu'une liste de races.

Pourquoi dit-on que le Yorkshire est hypoallergénique ?

Le terme hypoallergénique vient du marketing canin américain. L'American Kennel Club publie une liste de races « adaptées aux personnes allergiques », et le Yorkshire Terrier y figure aux côtés du bichon frisé, du caniche, du shih tzu et du schnauzer nain. Le point commun de ces chiens n'est pas l'absence d'allergène, c'est un poil qui tombe peu.

Originaire du comté du Yorkshire, dans le nord de l'Angleterre, où il chassait les rats des filatures au XIXe siècle, ce chien doit son nom à sa région d'origine. Le Kennel Club britannique l'a reconnu en 1886, et la FCI le classe dans le groupe 3 des terriers (standard n° 86). Ses propriétaires l'appellent volontiers yorkie, et c'est sous ce surnom que le yorkie apparaît dans la plupart des listes de chiens pour allergiques.

Le pelage du terrier du Yorkshire ressemble davantage à un cheveu qu'à une fourrure. Il est long et soyeux, fin, et surtout dépourvu de sous-poil. Chez un berger ou un labrador, le sous-poil se renouvelle deux fois par an et tapisse la maison de touffes : c'est la mue saisonnière. Chez le Yorkshire, le poil pousse lentement et en continu, et les poils morts restent pris dans la robe jusqu'au brossage. Moins de poils au sol, moins de poils sur le canapé : l'impression de propreté est réelle.

Le raccourci vient de là. On associe l'allergie au poil parce que c'est ce qu'on voit, alors que le poil n'est qu'un transporteur. Une race qui perd peu de poils disperse moins de particules dans la pièce, mais elle produit les mêmes protéines que les autres. Parler de chien hypoallergénique revient donc à parler d'un chien qui perd peu, pas d'un chien qui ne provoque pas d'allergie. Pour connaître la texture et les teintes de sa robe, notre guide sur la couleur du pelage du Yorkshire, du bleu acier au feu détaille le standard.

D'où vient l'allergie au chien ?

L'allergie au chien est une réaction du système immunitaire à certaines protéines produites par l'animal. Les allergologues en ont identifié huit, nommées Can f 1 à Can f 8. La plus fréquente, Can f 1, est fabriquée par les glandes de la langue et de la peau. On la retrouve dans la salive, sur les squames (les minuscules pellicules de peau morte) et dans l'urine.

Quand le chien se lèche, il dépose ces protéines sur son poil. En séchant, elles deviennent de fines particules qui flottent dans l'air, se fixent sur les tissus et persistent des mois dans une maison, même après le départ de l'animal. Cette persistance explique qu'une personne allergique peut réagir chez un ami qui possède un chien sans jamais toucher ce dernier.

Les symptômes sont ceux d'une allergie respiratoire classique : nez qui coule, éternuements, yeux qui piquent, parfois une gêne respiratoire ou de l'eczéma au contact. Leur intensité dépend de la sensibilité de la personne, de la quantité d'allergènes produite par l'animal et du temps passé avec lui. Un Yorkshire de petite taille, qui pèse moins de 3,2 kg selon le standard FCI, produit en valeur absolue moins de salive et de squames qu'un grand chien. C'est un argument de volume, pas de nature.

Ce que disent les études sur les chiens hypoallergéniques

Deux études publiées en 2011 et 2012 ont comparé les races dites hypoallergéniques aux autres. La première, conduite aux États-Unis par Nicholas et ses collègues (American Journal of Rhinology and Allergy, 2011), a mesuré la protéine Can f 1 dans la poussière de 173 maisons : aucune différence entre les logements qui abritaient un chien hypoallergénique et les autres.

La seconde, menée aux Pays-Bas par Vredegoor et son équipe (Journal of Allergy and Clinical Immunology, 2012), a prélevé le poil et l'air de maisons abritant 196 chiens de onze races. Les échantillons de poil des races hypoallergéniques contenaient même davantage de Can f 1 que ceux des autres chiens, et la quantité d'allergène dans l'air ne variait pas selon la race. Les chercheurs notent en revanche de fortes différences d'un chien à l'autre au sein d'une même race.

Ces résultats ne disent pas que le Yorkshire est un mauvais choix pour une personne allergique. Ils disent que la race ne suffit pas à prévoir la réaction. Deux chiens de la même portée peuvent produire des quantités très différentes d'allergènes, et une même personne peut tolérer l'un et réagir à l'autre. Le seul test fiable reste le contact prolongé avec l'animal précis que l'on veut adopter.

Les autres animaux de compagnie ne sont pas une solution de repli évidente. Le chat, le lapin, les rongeurs et les oiseaux produisent leurs propres allergènes, et une personne sensible au chien l'est souvent à un autre animal. Le labradoodle, croisement vendu dès l'origine comme hypoallergénique, et le basenji, chien au poil court qui se toilette comme un chat, figurent aussi sur les listes sans meilleure preuve que les autres.

Le Yorkshire face aux autres races qui perdent peu

Si le critère recherché est un chien qui perd peu de poils, plusieurs races sont souvent citées avec le Yorkshire. Toutes demandent un entretien régulier, car un poil qui ne tombe pas doit être brossé ou coupé.

RaceTailleType de poilEntretien
Yorkshire TerrierTrès petitLong, fin, soyeux, sans sous-poilBrossage quotidien si poil long, coupe courte possible
Bichon friséPetitBouclé, douxBrossage fréquent, toilettage professionnel régulier
Shih tzuPetitLong et abondantBrossage quotidien, soin des yeux
Caniche (toy au royal)Très petit à grandFrisé, sans mue visibleTonte toutes les 6 à 8 semaines
Schnauzer nainPetitPoil durÉpilation (trimming) plusieurs fois par an
Coton de TuléarPetitTexture de coton, longBrossage plusieurs fois par semaine
Lagotto romagnoloMoyenBouclé, laineuxTonte régulière, besoin d'exercice élevé

Parmi ces chiens, le Yorkshire se distingue par sa très petite taille, qui limite la surface de peau et donc la quantité de squames. Le caniche et le chien d'eau portugais, autre race souvent citée, ont un poil frisé qui retient les squames au lieu de les disperser. Le Bedlington terrier et le Kerry blue terrier complètent souvent les listes, mais ils restent rares en France. Pour le mode de vie, rappelez-vous qu'un lagotto ou un caniche royal demande beaucoup plus d'activité qu'un petit terrier de salon.

Comment vivre avec un Yorkshire quand on est allergique ?

Une personne légèrement allergique peut souvent vivre avec un Yorkshire en réduisant la quantité d'allergènes dans le logement. Les gestes les plus utiles sont simples et relèvent de la vie quotidienne.

  • Le brossage hebdomadaire au minimum, quotidien si la robe est gardée longue, fait de préférence dehors ou par la personne qui n'est pas allergique.
  • Le bain toutes les trois à quatre semaines avec un shampooing pour chien : il réduit temporairement les allergènes présents sur le poil, l'effet s'estompe en quelques jours.
  • Une coupe courte, dite coupe chiot, qui retient moins de salive et de squames qu'un pelage long jusqu'au sol.
  • La chambre interdite au chien, un aspirateur à filtre HEPA et un lavage régulier de son panier et des textiles qu'il fréquente.
  • Des mains lavées après les caresses et les jeux, surtout avant de se toucher les yeux.

La santé de la peau joue aussi. Une peau sèche ou irritée desquame davantage et libère plus de pellicules. Une alimentation adaptée au Yorkshire, riche en acides gras, un poids surveillé et une visite chez le vétérinaire dès qu'une maladie de peau apparaît (démangeaisons, rougeurs, perte de poils par plaques) limitent cette source d'allergènes. Côté humain, le traitement des symptômes (antihistaminiques, spray nasal, désensibilisation) se discute avec le médecin : il complète l'entretien du logement sans le remplacer.

Le toilettage d'un Yorkshire demande de la régularité : un poil long qui n'est pas démêlé forme des nœuds serrés au ras de la peau. Côté toilettage, le guide consacré au brossage, au bain et à la coupe du Yorkshire détaille le matériel et la fréquence. Un toilettage professionnel toutes les six à huit semaines soulage aussi la personne allergique de la tâche la plus exposée.

Tester sa réaction avant d'adopter un chiot

Le choix d'adopter un chien engage pour douze à quinze ans, soit la durée de vie moyenne d'un Yorkshire. Découvrir une allergie après l'arrivée du chiot met la famille face à un problème difficile, et c'est une cause fréquente d'abandon. Mieux vaut donc vérifier sa tolérance en amont.

La première étape est un avis médical. Un allergologue peut confirmer l'allergie au chien par des tests cutanés ou une prise de sang, et identifier la protéine en cause. Certaines personnes ne réagissent qu'à Can f 5, une protéine produite par la prostate des mâles non castrés : elles tolèrent souvent mieux une femelle ou un mâle castré. Ce détail change le choix du chiot.

La seconde étape est le contact réel. Passer plusieurs heures chez l'éleveur, avec les parents de la portée, puis garder si possible un Yorkshire adulte quelques jours donne une indication bien plus fiable qu'une étiquette de race. Un éleveur sérieux accepte ces visites répétées. Pensez enfin au budget annuel : le prix d'un chiot n'est qu'une partie de la dépense, le toilettage régulier, les accessoires de brossage et les éventuels traitements d'allergie s'ajoutent chaque année. Les étapes pour acheter un chiot Yorkshire auprès d'un bon élevage expliquent quelles questions poser et quels documents exiger.

Un petit chien facile à vivre malgré l'allergie ?

Au-delà de l'allergie, le Yorkshire a des atouts qui expliquent son succès. Sa petite taille le rend facile à loger et il s'adapte bien à la vie en appartement, à condition de recevoir des promenades quotidiennes et des jeux. C'est un terrier : vif, affectueux avec sa famille, parfois aboyeur et têtu. Son caractère mérite d'être connu avant l'adoption, comme sa sensibilité à certaines maladies (hypoglycémie du chiot, luxation de la rotule, tartre).

Pour une personne allergique, il n'offre donc aucune garantie, mais il cumule plusieurs facteurs favorables : peu de poils perdus, un poil court ou long selon la coupe choisie, un gabarit réduit et un mode de vie d'intérieur qui facilite le ménage. Avec un diagnostic précis, un essai prolongé et un entretien rigoureux, beaucoup de propriétaires allergiques vivent sans gêne majeure avec leur chien. D'autres, plus sensibles, réagiront quelle que soit la race choisie.

Questions fréquentes sur le Yorkshire et les allergies

Le Yorkshire perd-il ses poils ?
Très peu. Son poil pousse en continu, sans sous-poil ni mue saisonnière, et les poils morts restent dans la robe jusqu'au brossage.
Existe-t-il un chien sans aucun allergène ?
Non. Tous les chiens produisent les protéines Can f dans leur salive, leur peau et leur urine. Aucune race n'en est exempte.
Une personne allergique aux chats réagira-t-elle au Yorkshire ?
Pas forcément. L'allergène principal du chat, Fel d 1, est différent de ceux du chien, même si beaucoup de personnes sont sensibles aux deux animaux.
Faut-il préférer une femelle quand on est allergique ?
Cela peut aider si l'allergie vise Can f 5, une protéine produite par les mâles non castrés. Seul un bilan chez un allergologue permet de le savoir.

Nos autres articles

À lire également

▲